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Inventaire général du patrimoine culturel

Rhône-Alpes, Savoie

Aix-les-Bains ,  Saint Pol-Biollay ,  Guy de Maupassant (boulevard ) ;

Etablissement médical, dit station héliothérapique orientable ou Solarium tournant


Type de dossier : dossier individuel monographié
Date de l'enquête : 2014

Désignation

Dénomination: établissement médical;
Appellation et titre: station héliothérapique orientable; Solarium tournant;

Complément de localisation

Référence(s) cadastrale(s):
  • 1879: E 271 bis
  • 2004: CH 57


Aire : Aix-les-Bains
Lieu-dit : Saint Pol-Biollay;
Milieu d'implentation : en ville

Historique

Commentaire historique :
La station héliothérapique orientable d’Aix-les-Bains, plus couramment appelée Solarium tournant, était un établissement médical dans lequel les soins dispensés reposaient sur des traitements utilisant la lumière naturelle du soleil et les rayonnements artificiels. Afin de bénéficier d’un maximum de lumière solaire, la partie supérieure de la construction, appelée « plateforme mobile », était pourvue d’un système moteur lui permettant de tourner et de suivre ainsi la course du soleil tout au long de la journée.

Le solarium tournant d’Aix-les-Bains, le premier des trois établissements de ce type construits dans le monde (suivi de l’édification des solariums de Vallauris dans les Alpes-Maritimes et de Jamnagar en Inde), fut commandité en 1929 par le docteur Jean Saidman. Plus de quarante entreprises aixoises et nationales exécutèrent les plans dressés par l’architecte aixois André Farde.

L’inauguration de l’établissement, implanté à proximité du château de la Roche-du-Roi sur les hauteurs de la ville afin de bénéficier d’un ensoleillement optimal, eut lieu au mois de juillet 1930. Les méthodes, les soins dispensés ainsi que la conception de l'édifice reçurent des critiques élogieuses dans la presse locale.

A partir de 1943, les allemands réquisitionnèrent le solarium pour y faire soigner leurs blessés sous l’autorité médicale du docteur Saidman.
Après la mort de ce dernier en 1949, et faute de successeur, la station héliothérapique ferma une année plus tard. Abandonné, le bâtiment fut vandalisé et finalement démoli en 1967 pour laisser place à l’édification de deux immeubles sur la parcelle.

Aujourd’hui, l’étage de soubassement de la construction et les barrières en ciment qui clôturaient le terrain, restent les seuls vestiges de cet édifice qui fut l’objet de visites pour de nombreux curieux à l’instar du photographe hongrois André Kertesz qui l’immortalisa à l’occasion d’un reportage en Savoie en 1931.

Datation(s) principale(s): 2e quart 20e siècle;
Date(s) : 1929, [daté par source];
Auteur(s) : Farde André (architecte) [attribution par source];
Personne(s) liée(s) à l'histoire de l'oeuvre : Saidman Jean (commanditaire) [attribution par source];

Description

Commentaire descriptif :
La station héliothérapique était implantée au sud-est de la ville, sur les hauteurs, en bordure du chemin Archiprêtre (actuel boulevard Guy de Maupassant) dont elle était séparée par un muret surmonté d’une grille en ciment. L'accès se faisait par un portail d'entrée décoré d'un motif de soleil stylisé encadré de deux piliers soutenant une pergola.

La construction, haute de 15,5 mètres, était composée de quatre corps de bâtiment placés les uns au dessus des autres. L'édifice comprenait un corps de bâtiment, reposant sur un étage de soubassement, et supportant un pylône sur lequel était juchée une plateforme mobile.

Le solarium prenait place sur une terrasse en terre-plein supportée par un étage de soubassement, construit en béton, rachetant la déclivité est-ouest du terrain et ceint d’une galerie côté ouest.

Cet étage de soubassement soutenait un corps de bâtiment en rez-de-chaussée, de plan radioconcentrique octogonal, percé de larges portes vitrées sur chacune de ses huit élévations. La distribution intérieure s’organisait autour d’un ascenseur placé au centre, ceint d’un escalier tournant, autour desquels se répartissaient sept salles d’examens et d’attente ainsi qu’un vestibule d’entrée.

Les cages d’ascenseur et d’escalier, étaient abritées par une croupe polygonale octogonale tronquée, construite en bois, qualifiée de « pylône » dans les documents d’archives. Celui-ci prenait le jour par huit lucarnes triangulaires percées dans chacun des huit pans recouverts d’un décor losangé polychrome et formant un avant-toit fermé protégeant les élévations du rez-de-chaussée surélevé.

L’ensemble ainsi formé soutenait un corps de bâtiment de plan en croix, appelé « plateforme mobile ». Le plancher de cette partie, d’une longueur de vingt-cinq mètres et d’une largeur de six mètres, culminait à douze mètres de hauteur. Cette plateforme mobile accueillait dix cabines de soin, disposées de part et d’autre d’une partie centrale flanquée de deux cabines de contrôle.


Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : béton, enduit; métal, bois,
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier dans-oeuvre: escalier en vis, en charpente métallique;

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété d'une société privée;

Vue dans le site
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 198 NUCB

Documentation

Documents d'archives


AC Aix-les-Bains. 1 O 237, n°389. Autorisation de bâtir accordée à M. Farde, architecte, pour le compte de M. le Docteur Saidman, pour construire une station héliothérapique orientable, 18 juillet 1929.


AC Aix-les-Bains. Dossier documentaire n°56. Solarium.


AP Entreprise Léon Grosse. Dossier n°29-33. Docteur Saidman. M. A. Farde architecte. Projet de construction d’une station héliothérapique orientable à Chantemerle, 1929.

Bibliographie


LEFEBVRE Thierry, RAYNAL Cecile. Les solariums tournants du Dr Jean Saidman. Aix-les-Bains, Jamnagar, Vallauris. Paris : Editions Glyphe, 2010. 287 p. ; ill.; 24 cm.

Documents figurés


La station héliothérapique orientable du docteur Saidman. Elévation / Farde A., architecte. Aix-les-Bains, juillet 1929. Ech. 1 : 50. 1 tirage de plan ; 56 x 73 cm (AC Aix-les-Bains. 1 O 237, n°389).

[Le solarium tournant. Vue dans le site] / Gimy. [S. l.] : Gimy, [vers 1930]. 1 carte postale ; 10 x 14 cm (AC Aix-les-Bains. Cp32_011)

Aix-les-Bains. Solarium / [S.l.] : Blanc, [vers 1930]. 1 carte postale ; 10 x 14 cm (AC Aix-les-Bains. Cp32_010)

13092. Aix-les-Bains. Solarium tournant (inventé par le Docteur Saidman) / [Paris] : Braun et Cie, [vers 1930]. 1 carte postale ; 10 x 14 cm (AC Aix-les-Bains. Cp32_008)

[Cabines de la plateforme mobile du solarium tournant et vue vers le lac] / [S. n.]. [Aix-les-Bains], [vers 1930]. 1 photogr. : plaque de verre ; 13 x 18 cm (AC Aix-les-Bains. 6 Fi 4622)

[Vue intérieure d’une cabine de soin de la plateforme mobile du solarium tournant] / [S. n.]. [Aix-les-Bains], [vers 1930]. 1 photogr. : plaque de verre ; 13 x 18 cm (AC Aix-les-Bains. 6 Fi 4621)

[Vue intérieure d’une cabine de soin du rez-de-chaussée du solarium tournant] / [S. n.]. [Aix-les-Bains], [vers 1930]. 1 photogr. : plaque de verre ; 13 x 18 cm (AC Aix-les-Bains. 6 Fi 4619)


Annexes


ANNEXE 1
Liste des propriétaires


Avant 1930 : Place Joseph, Rouge Carassat Antoine et Consorts à Aix
1931 : Tioud Claudine, née Rouge Carassat
1933 : Société anonyme Le Solarium d’Aix-les-Bains
1967 : Société civile immobilière Le Solarium, à Chambéry
2004 : Immeuble Le Solarium

ANNEXE 2
Liste des entreprises ayant participé au chantier et ayant fournit une partie du matériel de soins

Extrait de : LEFEBVRE Thierry, RAYNAL Cecile. Les solariums tournants du Dr Jean Saidman. Aix-les-Bains, Jamnagar, Vallauris. Paris : Editions Glyphe, 2010.

-Gros-œuvre : Société industrielle de construction (SIC), à Paris
-Plans de l’ascenseur et de la plateforme tournante : Pierre Flaix, ingénieur
-Charpente en bois : Francis Cochet, à Aix et Jean Bugnard, à Aix
-Electricité : Thévenot, à Aix
-Pièces métalliques : Jeandet fils, à Aix
-Vitrages des cabines d’insolation : Société des glaces Saint-Gobain
-Appareillage haute tension : société Gaiffe-Gallot-Pilon
-Arcs polymétalliques : maison Benard
-Lampes à infrarouges, dispositif générateur d’ondes hertziennes, pile thermo-électrique : société Aktinos

ANNEXE 3
Le solarium tournant d’Aix-les-Bains, par le Docteur Jean Saidman, directeur de l’Institut d’Actinologie. [Brochure publicitaire] dans le supplément thermal de la Gazette médicale de France, mai 1930 (AC Aix-les-Bains. Dossier documentaire n°56. Solarium).

Le solarium tournant d’Aix-les-Bains a pour but de capter les radiations solaires, de les filtrer en les concentrant et de les associer aux diverses sources de la polyradiothérapie.
La construction comprend une tour fixe et une plateforme mobile. Le bâtiment caractéristique est entièrement métallique, il a 28 mètres en façade et 4 à 11 mètres en profondeur ; la façade regarde toujours le soleil : à l’est le matin (devant le Mont Revard) ; vers le sud à midi (en direction de Chambéry) et vers l’ouest à la fin de l’après-midi (face à la Dent du Chat). La rotation se fait sur l’axe d’un pylône, au centre de la tour.
Au milieu du bâtiment se trouve un observatoire pour l’étude du rayonnement solaire : on y aménage un puissant monochromateur à optique en quartz. Les radiations sont mesurées d’un part avec des piles thermo-électriques, d’autre part avec des cellules photo-électriques.
Les ailes du bâtiment comportent 10 cabines d’irradiation. Leurs façades se composent de panneaux de verres spéciaux, transparents à l’ultra-violet, sélectionnant selon les cas les rayons de 2900 à 3400 Angstroms, les rayons de 2900 à 400 Angstroms, ou laissant passer le rayonnement visible et infra-rouge. Ces panneaux, ainsi que la moitié antérieure du toit, dont la structure en châssis est analogue, découvrent à volonté, laissant le malade en plein air au milieu des montagnes, à 10-16 mètres au-dessus du sol, mais sans être visible pour les voisins.
Le malade se trouve sur un lit incliné, dont la direction reste perpendiculaire à celle des rayons du soleil ; ceci augmente la quantité d’énergie radiante absorbée (dans la proportion de 15 à 300 p. 100 selon l’heure) et les rayons pénètrent davantage, puisque leur trajet n’est pas oblique, comme dans les traitements habituels.

Pour filtrer et concentrer le rayonnement, nous employons un dispositif comprenant de 4 à 56 grands panneaux lenticulaires et une autre lentille de Fresnel homofocale, une cuve liquide et, s’il y a lieu, un filtre supplémentaire. Outre les groupes d’ultra-violets que nous avons mentionné, nous séparons des rayons de 4 000 à 4 700 A., d’autres rayons visibles et des infra-rouges pénétrants. L’intensité des faisceaux braqués sur le malade est jusqu’à 30 fois plus élevée que dans la lumière solaire. Nous faisons, en somme, un extrait concentré de radiations actives. En voici un exemple : un dispositif concentrateur pour les rayons violets et bleus (4 000 – 4 700 A) donne un faisceau que l’on pourrait obtenir qu’avec 1 000 lampes de 50 watts munis du même filtre.

Chaque cabine comprend en outre une lampe à vapeur de mercure, deux arcs polymétalliques et quatre lampes à infra-rouges qui subissent le même mouvement de translation. Ces sources artificielles s’allument dès que le soleil est voilé par des nuages où dès que l’observatoire signale l’insuffisance d’intensité des rayons actifs.

Les appareils de mesure de l’énergie reçue par chaque malade aboutissent à l’observatoire où se trouve le médecin ; les irrégularités sont ainsi décelées aussitôt. Le choix des doses est très différent de celui généralement utilisé en héliothérapie. On conseillait jusqu’à présent de suivre la progression 5, 10, 15 etc. minutes, mais cette prudence n’était qu’apparente, car l’exposition de 5 minutes au début peut dépasser en rayons irritants l’irradiation de 15 minutes du surlendemain. Au solarium tournant, on ne tient aucun compte du nombre de minutes ; on totalise la quantité d’énergie reçue par le malade et que l’on limite par ailleurs d’après la sensibilité du malade. On explore cette sensibilité dans un laboratoire spécial de la tour octogonale.

[…]

Les autres indications de l’héliothérapie ou de l’actinothérapie restent valables pour le Solarium tournant, dont les perfectionnements techniques abrègent la durée du traitement.

Rappelons que le Solarium n’héberge pas les malades, qui trouveront à se loger dans les hôtels et les pensions de la ville. Le choix d’Aix-les-Bains, a pour but de permettre l’association de l’héliothérapie avec la cure hydro-minérale de cette station réputée. Les deux méthodes ont déjà fait séparément leurs preuves et leur réunion ne peut qu’améliorer les résultats.

Le Premier solarium tournant se trouve à Aix-les-Bains.
Sa conception et sa réalisation, uniques au monde, sont basées sur les derniers perfectionnements de l’héliothérapie et de l’actinothérapie.
Ouverture le 30 juin 1930.
Toutes les indications de l’héliothérapie.
Dispositifs spéciaux pour le traitement des Rhumatismes, Névralgies, Névrites.

ANNEXE 4
Le solarium d'Aix-les-Bains

Article paru dans La République de l’Isère, 16 janvier 1933

[...]
« la méthode mise en œuvre au solarium d’Aix-les-Bains modifie, très notablement, les bases de l’héliothérapie. D’abord la composition de la lumière solaire est étudiée qualitativement et quantitativement et on tient compte, dans chaque traitement, des résultats de cette étude. Des filtres sélectionnent, soit l’ultraviolet, soit l’infrarouge et une partie déterminée du rayonnement visible, dans les cas où le rayonnement n’est pas prescrit. Le second principe de la méthode Saidman réside dans l’emploi de rayons perpendiculaires. Enfin, son troisième principe consiste à ne pas appliquer les radiations au hasard. Une mesure préalable de l’effet biologique des rayons indique la sensibilité particulière de chaque malade. Les doses sont, ensuite, calculées proportionnellement à la résistance de la peau. »
[...]

Illustrations


Fig. 1
Elévation, 1929
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 592 NUCB

Fig. 2
Vue dans le site
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 198 NUCB

Fig. 3
Vue d'ensemble depuis la rue
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 197 NUCB

Fig. 4
Vue d'ensemble depuis le site même
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 196 NUCB

Fig. 5
Cabines de la plateforme mobile
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 195 NUCB

Fig. 6
Séance d'actinothérapie, cabine de la plateforme mobile
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 194 NUCB

Fig. 7
Séance de rayons X, cabine au rez-de-chaussée
Repro. Inv. D. Harreau
14 73 193 NUCB

Voir

aire d'étude de référence : Généralités
inclus dans : Secteur urbain, Saint Pol-Biollay
inclus dans : Boulevard Guy de Maupassant

Région Rhône-Alpes / Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel / Ville d'Aix-Les-Bains. Chercheur(s) : Belle Elsa; Gras Philippe; Copyrights © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel, 2014; © Ville d'Aix-les-Bains, 2014; Renseignements : Service Veille & Documentation de la Région Rhône-Alpes, 1, esplanade François Mitterrand, CS20033, 69269 LYON Cedex 02.

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