- ANNEXE 1
Histoire du projet de monument aux morts La loi du 20 octobre 1919 accordait des subventions de l'Etat pour l'érection des monuments aux morts, en fonction des efforts consentis par les communes. Pour cela, à Aix-les-Bains, un comité fut constitué avec pour membres Mrs Navarro (maire), Tramu, Monachon, Luya (ingénieur municipal), Crochon (architecte de la ville), Dussuel et le colonel Rollet. Un concours réunit trois projets, celui de l'architecte Jules Pin Ainé, intitulé "1914-1918", celui de Fanton-Davin-Rodvery, intitulé "Fais ce que dois" et celui de Chapperon-Reverdy, intitulé "Honneur et patrie". C'est Jules Pin qui remporta le concours. L'emplacement prévu était le parc des Thermes. Suite à une délibération du 1er août 1921, le conseil municipal constata que le comité n'avait récolté qu'une somme insuffisante pour couvrir les frais d'érection. En présence du colonel Rollet, il décida de faire "abdiquer" le comité et de prendre en charge la construction. Une commission spéciale prit le relais ; trouvant celui de Jules Pin trop cher, elle préféra adopter un nouveau projet qu'elle confia au sculpteur Alfred Boucher. Celui-ci imposa un nouvel emplacement dans le square du Gigot. L'inauguration du monument eut lieu en grande pompe le 16 juillet 1922, en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles un délégué du gouvernement, le préfet, les députés Antoine Borrel et Richard et le sénateur Mollard.
- ANNEXE 2
Monument aux morts : adoption du projet Boucher et choix de son emplacement (AC Aix-les-Bains : extrait du registre des délibérations du conseil municipal. Session extraordinaire du 11 octobre 1921) Le 1er prix du concours fut attribué à la maquette portant la devise 1914-1918, oeuvre à laquellle collabora Monsieur Pin, architecte de la Ville d'Aix-les-Bains, à qui il y a lieu d'adresser des félicitations bien méritées. Malheureusement, et c'est là son seul défaut, le coût de son exécution fut jugé trop élevé pour les ressources dont nous disposions. C'est alors que le réputé Monsieur Boucher, aixois d'adoption, fit soumettre au Comité du Monument aux morts, une composition de grande envergure et d'une belle envolée, intitulée Le groupe des vainqueurs, qu'il se chargerait de faire exécuter pour la somme de 70 000 francs, et dont l'inauguration pourrait avoir lieu le 14 juillet prochain. La commission du monument, consultée sur ce projet, émit un avis favorable à son adoption. En conséquence, le Maire présente à l'assemblée l'esquisse exécutée par Monsieur Boucher et l'invite à prendre une décision, se mettant à son entière disposition pour tout renseignements complémentaires qui pourraient lui être demandés. A une question posée par Monsieur Grobert, Monsieur le Maire déclare que le monument serait entièrement fait d'un ciment spécial, déjà expérimenté et éprouvé, tant au point de vue de sa dureté qu'à celui de sa résistance aux intempéries et aux morsures du temps. Monsieur Grobert demande alors que, le cas échéant, cette garantie soit insérée dans la convention que la Ville aurait à passer avec Monsieur Boucher. Il en est ainsi décidé. Cette première question étant résolue, le Maire fait connaître à l'assemblée qu'il y a lieu de fixer l'emplacement de ce monument. M. Boucher consulté, fit nettement entendre au Maire qu'un seul emplacement, celui de l'arbre des pupilles de la Nation, convient à tous points de vue à l'érection de son projet. Par sa situation dans le prolongement de la rue de Genève, au carrefour de la route du lac et de celle d'Annecy, il se trouve dans une perspective unique à Aix et au point le plus passager. Enfin, le cadre de verdure dans lequel se profilera le monument peut soutenir la comparaison avec tous les emplacements déjà envisagés. Pour ces raisons, qui lui ont été données par M. Boucher, dont l'opinion ne peut guère être discutée, le Maire invite l'Assemblée à donner son appréciation sur cet emplacement. Le conseil : ouï l'exposé du Maire et adoptant ses conclusions par 15 voix sur 18 votants ; adopte pour l'érection du monument aux morts l'emplacement actuel de l'arbre des Pupilles de la Nation. Vote contre : M. Vennat. Déclarent s'abstenir : MM. Vuagnari et Cochet.
- ANNEXE 3
Protestation de la Ligue française, section d'Aix-les-Bains, concernant le choix de la promenade du Gigot pour l'érection du monument aux morts (AC Aix-les-Bains : 1 M 113, 25 juillet 1921) 1914-1918 Et le Monument des Victimes de cette guerre biblique, faut-il lui réserver le sort de celui de Lamartine !.. Où est-il, que veut-il, le petit soldat martyr ? Un pouce de terrain, une place au soleil pour reposer ses restes et sa gloire immortelle. Or, depuis plus d'une année, un Comité fut chargé d'ériger un Monument aux Morts pour commémorer le souvenir des braves ; hélas rien de certain n'a pu germer encore dans les têtes chauvines du Comité Aixois. Celui-ci fut pourtant formé et réformé plusieurs fois ; toutes les lumières vives de notre sainte ville rivalisèrent de zèle pour atteindre ce but, puis un jour la lumière se fit, mais bientôt s'éteignit !.. Les places publiques de la noble Cité furent battues en tous sens, aucune jusqu'ici n'eut l'heur de fixer le choix du Saint-Esprit. Les Nordistes et les Sudistes se disputent sans rime l'hommage du "Souvenir". Le Centre est trop étroit pour y dresser les fastes douloureux dans une cohue mondaine. Les grands arbres du Parc sont là pour abriter des plaisirs passagers. Au Gigot on y danse, c'est le lieu absolu de toutes réjouissances, la foire aux animaux et les ménageries s'y fixent tour à tour. "Mais un jour Lamartine y trouvera sa place, c'est la route du Lac". Le cimetière est loin, lugubre et solitaire. Le seul endroit propice, respectable et bien digne serait près de l'Eglise, les fidèles en passant rendraient gloire et hommage aux braves combattants !.. La ligue Française, pour les oeuvres sociales et humanitaires. Le secrétaire, Jean BARUT.
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